Lundi 16 novembre

Lundi 16 novembre
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Suis malade comme un chien. Dix examens étalés sur un mois, début du compte à rebours. Des nuits d'angoisse à ne plus savoir qu'en faire. Participe à la rédaction d'un journal universitaire, mais faute de temps, reste persuadée qu'il s'agissait d'une fausse bonne idée. Étudie Pascal et la vacuité de l'existence humaine, me sens particulièrement concernée. M'inquiète pour un rien, me fous de tout. Me suis enfin décidée à parler à quelqu'un du mal qui me ronge (et accessoirement de la folie qui me guette). Ne suis pas soulagée pour autant. Aborde un sourire constant, masque confortable. Me dis qu'il serait peut-être temps de retourner voir un psy, mais aucune envie. Attends décembre. Mais en fait non.

EDIT (22 novembre) : J'aimerai pouvoir dire que je vais mieux, je vous assure. Pouvoir déverser mon bonheur sur des lignes entières, et contempler la poésie du monde avec un émerveillement non feint. Mais ce n'est plus le cas, je le regrette. Alors je me console par la musique. Ou du moins, j'essaie. Je me bousille les doigts sur mes cordes de guitare, je me crée un monde en poussant au maximum le volume de mon Ipod. Ces mélopée fredonnées au creux de mon oreille ont quelque chose de reposant, de rassurant. J'écoute en boucle les mêmes chansons, sans me lasser, et leur rythme, leur mélodie résonnent en moi d'une façon particulière, car elles expriment à la perfection ce que je ne parviens pas à extérioriser. Cette mélancolie, cette douleur empreinte de tristesse, cette envie de rire et de pleurer à la fois, mais de pleurer surtout. Cette putain d'incompréhension. Ma catharsis.
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# Posté le lundi 16 novembre 2009 16:33

Modifié le dimanche 22 novembre 2009 17:50

Jeudi 12 novembre

Jeudi 12 novembre
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Mon existence a longtemps oscillé entre vie et survie. Mais là, je pense avoir franchi une nouvelle étape, un nouveau degré dans le grand n'importe quoi, quelque chose s'apparentant presque à de la sous-vie. Je ne comprends pas pourquoi je suis comme ça, vraiment. Pourquoi ce vide en moi, ou plutôt ce trop plein de souffrance, cette envie de tout claquer, d'emmerder le monde, mes élans suicidaires de merde, et ce désir de les voir tous souffrir autant que je souffre. Je ne me souviens pas d'un précédent, et c'est pour ça que je m'inquiète. Honnêtement je ne sais plus trop où j'en suis. La vie me paraît désespérément fade, les gens m'ennuient, tous, et j'en arrive à ne plus avoir envie de parler à personne. Tous, personne, tout ça c'est beaucoup trop et ce n'est pas normal. Et pour couronner le tout je tourne en boucle d'une façon proprement horripilante. C'était donc un article particulièrement intéressant... Je m'en vais lire Freud. Ou regarder Arte. L'un des deux m'assommera peut-être assez pour ne pas avoir à supporter une autre nuit à pleurer seule dans le noir, agitée de soubresauts ridicules, incapable d'analyser ce désespoir qui me ronge.


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# Posté le jeudi 12 novembre 2009 17:58

Dimanche 8 novembre

Dimanche 8 novembre
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J'ai commencé à croire qu'enfin, j'allais mieux. Et je me suis vautrée dedans, comme toujours.
Je me sens comme la parfaite illustration d'un cycle Kitchin... Submergée par une vague de désespoir périodique. C'en devient presque mathématique, statistique : septembre-octobre, puis février-mars. Comme le mauvais refrain d'une chanson sans consistance. Une douleur suave, presque rassurante parce qu'identifiable, apaisante comme le tranchant d'une lame qu'on enfonce dans la chair. Oui, j'ai recommencé tout ça, même si recommencé n'est pas le mot juste puisque je n'avais jamais arrêté, simplement mis sur pause. J'ai recommencé les sillons coagulés sur ma peau, l'embrasement de mes bras, j'ai recommencé à me faire souffrir gratuitement et à me sentir vivante. Parce que – ça me fout les boules – mais c'est peut-être de cette façon que je me sens le plus violemment exister. Pas dans son regard, ni dans nos éclats de rire, mais en m'enfonçant un cutter dans la chair, en sentant mon coeur s'accélérer pendant que je vomis mes tripes. Ça me fait du mal en relisant ce que j'écris, parce que c'est comme si je n'avais rien d'autre. Mais justement. Qu'est-ce que j'ai d'autre ?

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# Posté le dimanche 08 novembre 2009 06:10

Mercredi 28 octobre

Mercredi 28 octobre
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Je ne veux pas le voir à cette soirée. Je ne veux pas. Je ne veux pas revoir son visage. Je ne veux pas revoir ses yeux. Je ne veux pas avoir à repenser à ce que j'ai pu ressentir pour lui. Me demander si c'était de l'amour. Une illusion. Me refléter dans son regard, et y voir que je ne suis qu'une pauvre idiote. J'en suis presque à me demander si je ne ferai pas mieux de m'empaler sur quelque chose de pointu pour pouvoir échapper à ce samedi atroce. Et qui approche, dangereusement. Merde ! Heureusement, nous serons quinze, c'est ce que je me répète comme un mantra depuis deux jours. En espérant pouvoir me cacher derrière ce barrage de chair humaine.
Bordel..
Un cutter, un pieu, une fourche, n'importe quoi ! Et vite !


EDIT (dimanche 1er novembre) : Malheureusement ce n'était pas une illusion. Mais quelque chose de terriblement plus concret. Je déteste le revoir. Vraiment, ça me tue.
J'ai passé le trajet du retour dans cette voiture minuscule, sur la banquette arrière, à pleurer toutes les larmes de mon corps pendant que devant moi et à ma gauche, la vie continuait paisiblement. Après tout, je ne les connais que depuis cinq ans, pourquoi devraient-elles sentir que je m'écroule ? Quelle importance d'ailleurs, puisque je n'avais envie de parler à personne. « Ça va ? Tu as l'air fatigué ». Oui, ça doit être ça. Fatiguée de vivre. Mais merde ! Bordel ! Je suis malheureuse. Je suis amoureuse. Je déteste ça. Ces larmes. Mon pauvre coeur ridicule hurlant sa détresse. Je voudrais voir brûler le monde entier. Le monde entier, comme mon âme brûle.


Deux articles en deux jours... C'est officiel, je suis vraiment malade.


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# Posté le mercredi 28 octobre 2009 18:26

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 06:13

Mardi 27 octobre

Mardi 27 octobre
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Ce matin, à mon réveil, le jour se levait à peine. Les premiers rayons du soleil inondaient mon salon d'une lueur magnifique. A la fenêtre, l'éclat d'une cacophonie visuelle, le songe halluciné d'un peintre psychopathe. La journée s'annonçait radieuse, et je repensais à ces lignes de Tchekhov :



ELENA ANDREIEVNA :

Il fait beau aujourd'hui... Pas trop chaud...

Pause

VOÏNITSKI :

Par un temps pareil, on se pendrait volontiers...




Allez savoir pourquoi, chaque ciel dégagé, chaque matin lumineux me rappelle Oncle Vania et me donne invariablement l'envie de relire cette pièce. Et tandis que je m'installais dans le RER, que je me replongeais dans ces pages maintes fois écornées, j'étais de nouveau ce Voïnitski déchiré de souffrance et d'amour. J'étais cette Sonia, si laide et désespérée, suppliciée par la douleur d'une passion à sens unique. J'étais ce savant pathétique, Sérébriakov, cette nourrice, ce valet. J'étais à moi seule cet arrière-goût de vie gâchée.
Le wagon tanguait doucement. La journée s'annonçait radieuse. J'avais envie de mourir, esseulée sur mon siège de RER, et je relisais Tchekhov.

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# Posté le mardi 27 octobre 2009 14:46

Modifié le mardi 27 octobre 2009 15:09